Cape Split, Nouvelle-Écosse.

 

Par Lauren-Rose Stunell

Mi’kmaq, Mi’kmaw et Mi’kma’ki

Avant de commencer à apprendre la langue mi’kmaw et les personnes qui la parlent, nous devons nous assurer de respecter et de comprendre la signification de plusieurs mots apparentés.

Mi’kmaq est un mot au pluriel qui signifie « les gens » et fait référence aux habitants d’origine de la majeure partie de la région atlantique du Canada. Il est également utilisé pour désigner la langue traditionnellement parlée par ces personnes.

Mi’kmaw est la forme adjectivale du mot. Donc, on pourrait dire qu’une personne a des ancêtres mi’kmaw. Vous verrez aussi parfois la langue désignée sous le nom de langue mi’kmaw.

Les Mi’kmaq vivent depuis des milliers d’années dans et autour de ce que nous connaissons maintenant comme la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick ainsi que certaines parties du Québec et de Terre-Neuve. Leur terre traditionnelle est connue sous le nom de Mi’kma’ki et est constituée de sept districts.

Du poisson, encore du poisson et toujours du poisson!

Vivant dans une province des Prairies, j’aime apprendre à connaître les gens qui ont tant de connaissances sur l’océan. Les Mi’kmaq ont des droits de pêche issus d’un traité en vertu de la Loi constitutionnelle du Canada de 1982, mais ils ont toujours considéré la pêche comme un élément central de leur vie. La société mi’kmaw était traditionnellement organisée autour de mouvements saisonniers comme la pêche. Les Mi’kmaq suivaient – et continuent de suivre – les ressources naturelles comme le saumon, l’anguille et d’autres poissons, établissant une relation intime de respect et de responsabilité.

Dans notre programme d’études précédent en Alberta, les élèves apprenaient l’importance de la pêche pour les habitants de Meteghan, en Nouvelle-Écosse, et l’impact d’une pêche respectueuse sur l’environnement. C’était l’une de mes unités préférées à enseigner, car partager la culture océanique lumineuse et colorée des Mi’kmaq a toujours été très excitant pour les jeunes apprenants.

un pêcheur vêtu d'un manteau et d'un chapeau au bord de la mer
Chaque poisson, rivière et saison a son propre nom et sa propre histoire en mi’kmaq.

La langue comme source d’apprentissage

Comme beaucoup d’autres langues autochtones que nous avons apprises, la langue mi’kmaw est plus qu’une simple communication. C’est toute une identité qui relie les gens à leurs ancêtres, à leur territoire et à leur culture. Par exemple, chaque poisson, rivière et saison a son propre nom et sa propre histoire en mi’kmaq! Chaque nom mi’kmaw enseigne que les poissons ne sont pas seulement des choses que l’on pêche pour le plaisir, mais qu’ils sont des êtres vivants qui nous sont proches et qui jouent un rôle essentiel dans nos écosystèmes. À travers ces noms et ces histoires, les enfants mi’kmaw ont appris non seulement comment pêcher pour se nourrir, mais aussi quand, où et pourquoi les poissons étaient présents dans certaines zones. Cela nous enseigne une leçon inestimable sur le respect des animaux et l’équilibre au sein des écosystèmes.

Lorsque nous encourageons nos élèves à apprendre des mots mi’kmaw liés à la pêche, ils n’apprennent pas seulement du vocabulaire. J’estime qu’ils acquièrent une vision du monde où la langue, la terre et la responsabilité s’écoulent ensemble… comme une rivière dans l’océan.

La pêche aux mots et l’apprentissage de la langue mi’kmaw

Introduction et description

En tant que directrice adjointe dans une école primaire, je me suis vraiment amusée à penser à mon propre public cible tout en développant cette activité. Dans l’esprit de la pêche et de la langue mi’kmaw, allons pêcher des mots!

Cette activité est destinée à un public plus jeune, mais je crois aussi que tout le monde peut s’amuser dans son apprentissage. Dans cette activité, les élèves acquerront une meilleure compréhension sur l’importance de la pêche et la connexion profonde que les Mi’kmaq entretiennent avec l’océan. Il faudra faire preuve d’une certaine créativité, mais j’espère que cela stimulera la créativité et l’imagination, et deviendra peut-être même un élément incontournable dans votre pratique quotidienne.

Objectifs d’apprentissage

Dans cette leçon, les élèves pourront :

  • Comprendre qui sont les Mi’kmaq et identifier où se trouve le Mi’kma’ki sur une carte;
  • Reconnaître et expliquer l’importance de la pêche dans la culture mi’kmaw comme mode de vie et comme moyen de prendre soin de la terre et de l’eau;
  • Explorer la langue mi’kmaw et comprendre son importance ainsi que la manière dont elle s’entrelace avec la nature et les relations;
  • Apprendre les noms des poissons en mi’kmaq! Le respect d’une langue peut naître du fait d’apprendre un mot ou deux à transmettre aux amis de la communauté dans un effort pour préserver cette langue, qui s’appuie sur l’histoire, les récits et les traditions.

Séquence d’activité : Un mur d’eau mi’kmaw

  1. Présentez le Mi’kma’ki sur une carte et expliquez pourquoi la pêche est importante pour les Mi’kmaq.
  2. Analysez les cartes d’utilisation du territoire pour déterminer quels poissons sont pêchés par les Mi’kmaq et où ils se trouvent en Mi’kma’ki.
  3. Attribuez aux élèves un poisson ou une autre créature marine, individuellement ou en groupe, et demandez-leur de faire des recherches sur son nom mi’kmaw.
    1. La page web du Mi’kmaw Conservation Group est un excellent point de départ pour les élèves.
    2. Il y a de nombreuses créatures intéressantes dans les eaux entourant la Nouvelle-Écosse, mais une bonne liste pour commencer inclut les suivantes : oursin, calmar, meunier, thon, étoile de mer, escargot, hareng, goberge, crevette, méduse, requin, phoque, éperlan, pétoncle et moule.
  4. Après avoir fait des recherches sur le nom mi’kmaw et les caractéristiques de la créature, les élèves seront invités à dessiner et à colorier, ou à imprimer, une image de leur créature. Ils incluront son nom mi’kmaw et un fait sur son habitat, sa saisonnalité ou son rôle dans la culture mi’kmaw. Les amorces de phrases pourraient inclure : « Ce poisson est important parce que… » ou « Ce mot nous enseigne… ».
  5. Les élèves créeront un mur d’eau mi’kmaw. Vous pourriez aller jusqu’à créer un océan ou une rivière sur un tableau d’affichage avec du papier bleu, puis y ajouter tous leurs poissons.

Extension et conclusion

Chacune des créatures dans ces eaux a une histoire unique chez le peuple mi’kmaw. Une extension passionnante consisterait à demander aux élèves de rédiger un court récit, une bande dessinée ou un poème sur l’importance de leur poisson dans la culture mi’kmaw. Une bonne incitation narrative pour donner vie à la recherche serait : « Si ce poisson pouvait parler, qu’est-ce qu’il nous enseignerait? »

Pour les enseignant(e)s de sciences, l’étude des sciences autochtones est un excellent moyen de rendre hommage au processus de vérité et de réconciliation, tout en inculquant le respect des rivières et de l’océan. L’un de mes livres préférés pour les adolescents et les publics plus âgés est We are Water Protectors (Nous sommes les protecteurs de l’eau pour la version en français) de Carole Lindstrom. Il relie la terre et l’eau à travers l’apprentissage basé sur la terre, l’activisme et à la narration qui se rattache directement à la pêche et à la langue mi’kmaw. Les élèves peuvent être invités à répondre à des questions telles que : « Pourquoi les rivières ont-elles besoin de protection? » et « En quoi l’histoire est-elle liée au respect des Mi’kmaq pour les poissons et les cours d’eau? ».

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