Les langues façonnent l’économieL’apprentissage de langues secondes confère des bénéfices considérables, mais dans quelle mesure? Examinons dans ce sixième article, inspiré des conclusions de la Revue de la littérature sur l’impact de l’apprentissage de langues secondes (2017), l’impact de l’apprentissage de langues secondes sur le plan économique.

L’apprentissage des langues dynamise l’économie

La recherche démontre que les avantages économiques du fait de parler une langue seconde incluent de plus hauts revenus, de plus vastes possibilités d’emploi, des réseaux sociaux et professionnels plus étendus, et, pour les entreprises, une plus grande compétitivité et un accroissement du commerce international (O’Brien et al., 2017).

Les langues façonnent la compétitivité des entreprises

La capacité d’accéder à de multiples langues dans les communications d’affaires favorise la croissance économique. Inversement, les entreprises ou les pays qui découragent l’utilisation de multiples langues peuvent en subir des contrecoups économiques (Hogan-Brun, 2017). Les entreprises diversifiées sur le plan linguistique ont un avantage vis-à-vis de leurs concurrents pour attirer et retenir les clients étrangers en raison de leur habileté à interagir, à bâtir la confiance et à comprendre les besoins de la clientèle.

Conteh et Fortilus (2014) soutiennent que la diversité linguistique est une composante vitale de l’adaptabilité et de la résilience du Canada en matière d’économie. Les villes comportant de multiples langues internationales peuvent faire office de centres majeurs de services, de production et d’échanges. Le volume des échanges commerciaux du Canada avec les pays francophones, par exemple, a considérablement augmenté en raison du nombre de Canadiens qui ont appris le français comme langue seconde. Le bilinguisme et le multilinguisme sont des actifs qui présentent les villes comme des régions attrayantes et compétitives pour les affaires parce qu’ils donnent un meilleur accès aux marchés mondiaux (Conteh & Fortilus, 2014).

Les langues façonnent l’employabilité

Le fait de parler plusieurs langues ouvre des perspectives de carrière. Pour les anglophones au Canada, l’apprentissage du français langue seconde favorise la communication avec davantage de gens, tant au plan national qu’international, donnant accès à un plus grand bassin d’emplois (Lazaruk, 2007). De nombreux postes dans les services publics fédéraux au Canada – incluant les fonctions de premier ministre – exigent la connaissance des deux langues officielles (Hudon, 2011).

Une étude sur les incitations économiques pour apprendre une langue officielle comme langue seconde au Canada a estimé et comparé les salaires plus élevés qu’obtiennent les personnes bilingues. Ces gains additionnels pourraient résulter de la connaissance langagière, ce qui dénote la présence de caractéristiques inobservables sur le marché telles que l’habileté, la cognition, la persévérance et la qualité de l’éducation. Le bilinguisme lui-même, cependant, ne semble pas être un indicateur du niveau d’habileté cognitive (Christofides & Swidinsky, 2010).

Dans l’ensemble, sur le plan personnel, les employés bilingues ont potentiellement de meilleurs revenus que leurs pairs unilingues. Sur le plan de l’entreprise et de la société, les employés bilingues stimulent la croissance économique, représentant un capital humain considérable. Leur apprentissage d’une langue seconde favorise la créativité, l’innovation et les compétences cognitives. Selon Hardach (2018), les entreprises valorisent en fait autant les habiletés linguistiques que les titres de scolarité.

Bibliographie

Conteh, C., & Fortilus, J. (2014). Cultural and Linguistic Diversity and Regional Economic Development in Canada. Document présenté au 23e Congrès mondial de l’Association internationale de science politique (AISP), 20-24 juillet 2014, Montréal, Québec, Canada.

Christofides, L. N., & Swidinsky, R. (2010). « The economic returns to the knowledge and use of a second official language : English in Quebec and French in the rest-of-Canada ». Canadian Public Policy, 36(2), 137-158. https://doi.org/10.3138/cpp.36.2.137

Hardach, S. (2018, 6 février). Speaking More Than One Language Can Boost Economic Growth. Cologny, Suisse : Forum économique mondial. www.weforum.org/agenda/2018/02/speaking-more-languages-boost-economic-growth/

Hogan-Brun, G. (2017, 3 février). « Why multilingualism is good for economic growth ». The Conversation. https://theconversation.com/why-multilingualism-is-good-for-economic-growth-71851

Hudon, M.-È. (2011, 22 juin). Official Languages in Canada : Federal Policy. Publication no 2011-70-E. Ottawa, ON : Library of Parliament. https://lop.parl.ca/staticfiles/PublicWebsite/Home/ResearchPublications/BackgroundPapers/PDF/2011-70-e.pdf

Lazaruk, W. (2007). « Linguistic, academic, and cognitive benefits of French immersion ». Canadian Modern Language Review, 63(5), 605-627. https://doi.org/10.3138/cmlr.63.5.605

O’Brien, M. G., et coll. (2017). Revue de la littérature sur l’impact de l’apprentissage de langues secondes. Ottawa, ON : ACPLS. https://www.caslt.org/files/pd/resources/research/Lit-review-Impact-L2-Learning-FR.pdf

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